Etre riche, est ce bien ou mal ? La doctrine sociale de l’église 3/3

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La doctrine sociale de l’Eglise (Intérieur de l’église de SARE au Pays basque)

Jean Chrysostome a largement participé à la prise de conscience chrétienne d’un ordre social solidaire, où tous, hommes et femmes, sont égaux.

La Doctrine sociale de l’Eglise s’appuie à de nombreuses reprises sur sa pastorale

– Par le Christ, nous ne formons qu’un seul corps « Le commandement de l’amour mutuel, qui constitue la loi de vie du peuple de Dieu, doit inspirer, purifier et élever tous les rapports humains dans la vie sociale et politique: « Humanité veut dire appel à la communion interpersonnelle » »[1]

C’est la solidarité des hommes entre eux, une solidarité vivante et entière, et non pas tiède ou retenue, qui fait reconnaître en l’autre le Christ. Car nous formons un tout, tous responsables les uns des autres.

– Les richesses sont des bienfaits de Dieu, « Les richesses remplissent leur fonction de service à l’homme quand elles sont destinées à produire des bénéfices pour les autres et pour la société »[2], qui ne sont pas un mal en soi, si elles sont partagées, c’est-à-dire si l’homme les administre et les fait fructifier pour le bien et le bénéfice de tous. « Une bonne administration des dons reçus, notamment des dons matériels, est une œuvre de justice envers soi-même et envers les autres hommes: ce que l’on reçoit doit être bien utilisé, conservé, fructifié, comme l’enseigne la parabole des talents »[3]

La lutte contre la pauvreté est le premier combat du chrétien. « Au début du nouveau millénaire, la pauvreté de milliards d’hommes et de femmes est la question qui, plus que toute autre, interpelle notre conscience humaine et chrétienne »[4]

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Il est facile de brosser un schéma pessimiste de l’état actuel de la société dans laquelle nous vivons : est ce que le pauvre est au cœur des préoccupations de chaque chrétien ? Pas assez certainement.

Le combat contre la pauvreté et pour un nouvel ordre social, initialisé par Saint Jean Chrysostome il y a 16 siècles, réactualisé avec la première encyclique de Léon XIII « Rerum Novarum«  en 1891 et plus récemment avec les homélies du Pape François, porte aussi des fruits.

Ce sont les malversations des institutions financières internationales, la corruption, les guerres, la maltraitance des femmes et des enfants, les moratoires inaboutis des dettes des pays les plus pauvres qui contredisent l’idée d’amélioration de la condition humaine.

« L’autre dimension du processus déjà global est la faim. Lorsque la spéculation financière conditionne le prix des aliments, en les traitant comme une marchandise quelconque, des millions de personnes souffrent et meurent de faim. De l’autre côté, on jette des tonnes de nourriture. Cela est un véritable scandale. La faim est un crime. L’alimentation est un droit inaliénable. Je sais que certains de vous demandent une réforme agraire pour résoudre certains de ces problèmes et, permettez-moi de dire que dans certains pays, et je cite ici le Compendium de la doctrine sociale de l’Église,  la réforme agraire devient ainsi non seulement une nécessité politique, mais une obligation morale. Ce n’est pas seulement moi qui le dis, mais c’est écrit dans le Compendium de la doctrine sociale de l’Église. S’il vous plaît, continuez de lutter pour la dignité de la famille rurale, pour l’eau, pour la vie, afin que tous puissent bénéficier des fruits de la terre. »Extrait du Discours du pape François du 28 octobre 2014 pour la Rencontre mondiale des mouvements populaires.

Citons aussi d’autres initiatives visibles qui œuvrent pour une meilleure répartition des richesses (Bill Gates, ancien patron de Microsoft a convaincu plusieurs milliardaires de donner la moitié de leur fortune à des œuvres caritatives) pour un développement solidaire et social (explosion des entreprises sociales depuis une dizaine d’années en France et dans le monde, notamment avec le microcrédit, le développement des coopératives, la loi économie sociale et solidaire de 2014 ESS, la RSE..), pour la multiplication des ONG …et n’oublions pas les milliers d’initiatives individuelles, locales, moins visibles qui travaillent pour une humanité meilleure.

Jean Chrysostome exhortait ses fidèles avec fougue, à appliquer le message évangélique aux actes de la vie quotidienne, défendant avec constance, un nouvel ordre social, basé sur l’égalité et la solidarité entre tous les hommes. Son combat est toujours d’actualité : une enquête récente indique qu’en 2014, 1% de la population mondiale possède 50% des richesses de la terre.  

Le seul moyen de vivre ensemble dans l’amour et en paix, c’est de partager.

 

 

[1] Compendium de la doctrine sociale de l’église, chapitre I, N° 33

[2] Compendium de la doctrine sociale de l’église, chapitre VII, N° 329

[3] Compendium de la doctrine sociale de l’église, chapitre VII, N° 326

[4] Compendium de la doctrine sociale de l’église, chapitre IX, N° 449

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