Les 3 règles pour un management bienveillant

De façon générique, la bienveillance est une disposition qui porte à désirer le bonheur de l’autre et à le considérer avec empathie. Elle s’exprime par des relations harmonieuses, l’absence de conflits, l’altruisme, la justice et l’équité.

Or le principe de bienveillance est encore très peu appliqué en management d’entreprise ou en politique. Ça paraît normal puisque les pratiques de ces deux univers sont basées essentiellement sur la compétition. La compétition dont les synonymes sont lutte, rivalité, guerre, semble à première vue, incompatible avec les principes même de la bienveillance.

Ce qui est frappant aujourd’hui, c’est que les hommes politiques et les managers font de plus en plus référence à la bienveillance comme un de leurs principes. Alors concrètement, comment cela se traduit-il  ?

Très franchement, je trouve les efforts louables mais l’application de la bienveillance dans le management reste hésitante. Je prends pour exemple le cas d’un homme politique qui aux élections régionales de 2015 utilisait la bienveillance comme slogan de campagne ….et qui agressait et insultait copieusement sa rivale à chaque occasion. J’ai aussi l’exemple d’un directeur qui harcelait ses collaborateurs les plus fragiles jusqu’à ce qu’ils tombent en dépression et qui, publiquement, revendiquait un management bienveillant.

Peut-on être bienveillant et insultant ? Peut-on être bienveillant et manipulateur ? Peut-on être bienveillant et injuste ? Pourquoi existe t-il aussi peu d’exemples de management bienveillant ?

Premier constat : Il ne suffit pas d’invoquer la bienveillance pour devenir bienveillant.

Deuxième constat : Il ne suffit pas d’être « gentille » ou d’avoir « un bon fond » pour être un manager bienveillant. La bienveillance n’est pas de l’ordre des bons sentiments mais de la volonté, d’une décision, d’un choix, d’une stratégie.

Troisième constat : La bienveillance met toujours l’être humain au cœur des préoccupations du manager.

Quatrième constat : Pour agir concrètement, il faut un plan, un cadre et des règles.

Je vous propose 3 règles simples mais exigeantes pour mettre en œuvre un management bienveillant.

La première règle est fondamentale, elle concerne la justice. Le manager aura comme première préoccupation d’appliquer la justice. Notamment l’équité dans le traitement des salariés. Cela signifie l’absence de toutes discriminations et de favoritisme ainsi qu’une politique salariale juste et transparente. Par exemple : le salaire des dirigeants est limité à 3x celui du plus petit salaire, le montant de chaque salaire doit permettre de vivre décemment, les augmentations et les primes sont attribuées selon des critères mesurables et claires, les règles intérieures sont appliquées à tous sans discrimination etc…on comprend bien qu’être juste et équitable, demande du courage et signifie que le manager est amené parfois à sanctionner, il n’apparait donc pas toujours comme « gentil ».

La deuxième règle : la liberté. Chaque collaborateur doit se sentir libre de rester ou de partir, de travailler ici et maintenant selon sa conscience et dans le respect des règles de l’entreprise. Par exemple : les règles intérieures respectueuses de  la loi, sont claires et comprises de tous, il n’y a pas de pression ou de chantage à l’emploi pour faire accepter n’importe quel travail, on veille à pratiquer un management de projet et non un management de tâches, on favorise la créativité et la liberté d’expression etc…

La troisième règle : la vérité. Cela se concrétise par la transparence dans les affaires, l’éthique dans la gestion de l’entreprise, l’absence de malversation, mensonges et manipulation des collaborateurs. Par exemple : le manager ne promet pas ce qu’il ne peut pas tenir, ne manipule pas son collaborateur, ne fait pas de faux témoignages, ne vole pas le travail et ne tente pas de se glorifier au détriment de ses subordonnées etc…

Un conseil : avant de prendre une décision managériale, surtout si elle est difficile, faites la passer par le prisme de la justice, de la liberté et de la vérité. Ce passage-tamis aide à prendre une décision bienveillante.

Et ce n’est qu’une fois ces règles instaurées que le manager pourra librement faire preuve d’indulgence et de gentillesse. C’est donc possible d’être un manager bienveillant mais c’est très exigeant, c’est peut être pour ça qu´ils sont si rares.

La bienveillance est un choix stratégique de la part du chef d’entreprise. Elle se concrétise par une politique RH, une culture d’entreprise et une éthique des affaires, bien spécifiques, dont la compétition n’est évidemment pas exclue.

Elle n’a rien à voir avec des intentions ou des bons sentiments.

Alors arrêtons d’invoquer, agissons.

 

 

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